Ecov révèle le Baromètre des sièges libres

Des millions de sièges vides circulent chaque jour sur nos routes. Et si c’était notre principale ressource de mobilité ?

Ecov lance le Baromètre des sièges libres : le premier outil qui mesure, territoire par territoire, le potentiel caché des places vides dans les voitures qui circulent.

Un paradoxe au cœur de notre mobilité quotidienne

La hausse forte et durable des prix du carburant remet une réalité au centre du débat public : de nombreux ménages dépendent de leur voiture pour aller travailler, souvent sans alternative simple ni accessible. Pour les habitants des zones périurbaines et rurales, chaque trajet a un coût, et ce coût augmente.

Pourtant, une ressource considérable circule chaque jour sous nos yeux, sans être mobilisée : les sièges libres des voitures.

Chaque matin, partout en France, des millions de personnes prennent la route pour aller travailler. Même heure, mêmes axes, mêmes destinations, et très souvent, seules dans leur voiture.

La voiture est le mode de transport ultra-dominant dans nos déplacements du quotidien, mais ses capacités sont structurellement sous-utilisées. Nos routes sont parcourues chaque jour par une capacité de transport déjà financée, déjà en mouvement mais mal utilisée et mal documentée.

C’est précisément ce à quoi Ecov a voulu remédier.

Le Baromètre des sièges libres : un outil qui met le taux d’occupation à l’agenda

Le Baromètre des sièges libres a été conçu pour passer de l’intuition (« il y a beaucoup de personnes seules dans leur voiture ») à la mesure : où, combien, et quels impacts ?

C’est avant tout un outil politique. Il donne aux décideurs une première base pour penser leur stratégie de mobilité.

À l’image d’autres baromètres qui ont permis l’émergence de politiques publiques ambitieuses, l’objectif est de renforcer l’ambition nationale autour du taux d’occupation des voitures.

Concrètement, le baromètre génère un rapport personnalisé pour chaque intercommunalité (EPCI) en France, qui permet de visualiser :

📍 Où vont les actifs pour travailler, et avec quel mode de transport

🚗 L’impact de la voiture individuelle sur ces déplacements : émissions de CO2 et dépenses annuelles pour les ménages

💺 Le potentiel des sièges libres en circulation

🌍 Les bénéfices activables si une partie de ces trajets étaient mutualisés : économies pour les ménages, réduction des émissions, barils de pétrole évités

Nos hypothèses, méthodes de calcul et sources sont détaillées dans chaque rapport généré.

Zoom sur un territoire : l'exemple de la Métropole de Lyon

Pour comprendre ce que le Baromètre donne à voir concrètement, prenons l’exemple de la Métropole de Lyon.

Le rapport fait apparaître que 73 % des déplacements domicile-travail sont réalisés en voiture individuelle. Ces trajets représentent 3,1 milliards de kilomètres parcourus chaque année, soit 1 milliard d’euros de dépenses annuelles pour les actifs concernés, et 657 000 tonnes de CO2 émises.

Dans le même temps, la distance parcourue par les sièges libres de ces voitures en circulation atteint 9,3 milliards de kilomètres, l’équivalent de 232 900 tours de la Terre.

56 % des trajets réalisés en voiture pourraient être mutualisés. Et si seulement 1 actif sur 5 devenait passager de covoiturage, l’impact serait déjà considérable : 254,7 millions d’euros économisés chaque année pour les actifs, dont 74,5 millions uniquement sur le carburant, 527 500 barils de pétrole économisés, et 131 300 tonnes de CO2 évitées.

Remplir les véhicules : un levier majeur de transition et d’économie pour les ménages

Le taux d’occupation des voitures en France n’a cessé de diminuer, pour atteindre 1,6 personnes en moyenne, 1,43 personnes (2) sur les trajets du quotidien et 1,07 personnes sur les trajets domicile-travail (3).

Ce sont ainsi 60 millions de sièges libres qui circulent en France tous les jours en heure de pointe et deux tiers des barils de pétrole sont extraits, importés, transformés et brûlés pour… rien. De même pour deux kilogrammes sur trois des minerais et métaux extraits pour les voitures électriques.

S’attaquer à cette inefficacité a un potentiel colossal. En France, les objectifs de la planification écologique sont clairs : pour réussir la transition du secteur des transports de voyageurs, 10% des réductions d’émissions proviennent de l’augmentation du taux d’occupation des véhicules (4).

Le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) fixe ainsi comme objectif de passer d’un taux d’occupation des véhicules de 1.43 à 1.51 sur les trajets du quotidien, soit une baisse de 19 milliards de kilomètres parcourus par les véhicules (5). En prenant un coût du kilomètre de 30 ct€/veh.km, cette augmentation permettrait de générer des économies de l’ordre de 6 milliards d’euros par an sans modifier les distances parcourues par les personnes (6).

« La voiture est ultra-dominante dans nos déplacements, mais elle est aussi structurellement vide. C’est un gaspillage généralisé des capacités de transport, que l’on n’a jamais vraiment cherché à corriger. Le principal problème, c’est qu’on ne voit pas ces sièges libres. On ne mesure ni la perte que cela représente pour les ménages, ni la richesse potentielle que cela recèle. C’est exactement ce que le Baromètre des sièges libres est là pour changer. »

Thomas Matagne, Président-Fondateur d’Ecov.

Sources des données du baromètre

Ce baromètre s’appuie sur les déplacements domicile-travail déclarés, répertoriés dans la base « Mobilités Professionnelles » de l’Insee (2022).

Les données prises en considération excluent les flux de plus de 100 kilomètres, les flux intra-communaux ainsi que ceux qui ne relèvent pas des trajets domicile-travail. La réalité des déplacements en voiture est donc ici minorée.

Sont pris en compte les flux intercommunaux : les flux entrants vers l’EPCI (déplacements à destination), les flux sortants (déplacements à l’origine) ainsi que les flux internes entre les communes qui le composent. Sont également intégrés les trajets des français qui travaillent à l’étranger (Allemagne, Suisse, Belgique).

➡️ Toutes nos méthodes de calcul et nos hypothèse figurent dans chaque rapport généré par le baromètre.

🔍 Sources citées dans l’article :

(1) : IDDRI, Mobilité collaborative, note de cadrage, 2019.

(2) : Ministère de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires, Se déplacer en voiture : seul, à plusieurs ou en covoiturage ?, 2022.

(3) : Commissariat Générale au Développement Durable, La mobilité des Français Panorama issu de l’enquête nationale transports et déplacements 2008, 2010.

(4) (5) : Secrétariat Général à la Planification Écologique, La planification écologique dans les transports, 2023.

(6) :  Calculs réalisés par Ecov sur la base des données du SGPE.

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