
Lignes de covoiturage : 5 raisons de passer à l’action dans les territoires périurbains et ruraux
Actualités Les Français sont prêts à se passer de leur voiture, à condition d’avoir des transports efficaces. Hors des villes,
Pendant 1 an j’ai sillonné la France pour récolter les témoignages des conducteurs et des passagers de nos lignes de covoiturage. Avec ce carnet de bord, nous avons voulu vous raconter comment tous ces usagers sont animés par la même envie d’une mobilité plus solidaire et plus consciente.
Inès Olhagaray, chargée de communication chez Ecov
C’est le mois de juillet, quelques voitures circulent sur le boulevard des Alliés, à Cesson-Sévigné, près de Rennes. Le soleil de midi cogne fort au-dessus de nos têtes. Je suis avec Justine, responsable du réseau de covoiturage star’t et nous faisons le repérage pour notre première séance photo de la campagne de portraits d’usagers. Cela fait à peine deux semaines que je travaille chez Ecov et c’est la première fois que je vois à quoi ressemblent les lignes de covoiturage. Heureusement les usagers avec qui nous avons rendez-vous aujourd’hui sont bien mieux rôdés que moi. C’est le cas de Pascal, dont je reconnais vite le visage car il est l’un des ambassadeurs du service.
Lunettes en écaille noir vissées sur le nez, sourire confiant, Pascal a l’habitude de répondre aux questions sur star’t. Ce mardi, il a laissé sa voiture chez lui, à Pacé, pour se rendre en covoiturage jusqu’à son bureau à Cesson – Sévigné. Il me raconte que cela fait déjà 4 ans qu’il a pris l’habitude de faire ce trajet avec star’t. “Le déclic s’est fait au moment où je me suis retrouvé tout seul sur la Rocade de Rennes, avec autour de moi des voitures où tout le monde était seul. Et là je me suis dit: ces sièges vides, il faut les occuper !”
Pascal, passager sur la ligne star’t – juillet 2025
Les autres usagers arrivent les uns après les autres pour prendre la pose à l’arrêt. Je découvre des profils très différents : Eva, jeune maman, propose ses sièges libres après avoir déposé sa fille à l’école. Mickaël, lui, a renoncé à remplacer sa seconde voiture car il covoiture tous les jours comme passager pour aller au bureau. Vers 17h, il est plus difficile d’échanger longuement avec les usagers, car c’est l’heure de pointe et les départs s’enchaînent. Cécile a juste le temps de nous décrire star’t avec ces mots: “ C’est génial, tu pars quand tu es prêt, c’est sans réservation et tu es sur d’être pris en charge !” C’est la phrase que nous retenons et qui accompagnera le premier visuel de cette campagne, car elle résume parfaitement le service.
Cécile, passagère sur la ligne star’t – juillet 2025
Avant de reprendre la route de Nantes, je profite de la météo ensoleillée pour faire quelques photos destinées aux réseaux sociaux de star’t. Justine est partante pour sortir la bouée et les lunettes de piscine. Objectif : montrer qu’on peut aussi partager la voiture d’un conducteur star’t pour rejoindre la piscine municipale de Pacé!
Justine, responsable du réseau de covoiturage star’t – juillet 2025
A peine sortie de la gare de Rouen, je dévale la rue Jeanne d’Arc. Justine m’attend à l’arrêt du Teor pour filer à la mairie de Canteleu faire une animation avant la séance photo avec les usagers. Nous y rencontrons Thomas, déjà utilisateur de Covoit’ici depuis quelques mois. Pour l’instant il travaille mais nous avons rendez-vous avec lui en fin de journée à son arrêt de covoiturage. Il sera l’un des visages de notre campagne portraits d’usagers.
A la fin de l’animation, nous remontons dans le bus pour nous rendre à Mont-Riboudet. L’arrêt de covoiturage de Covoit’ici est juste en face du pôle multimodal. Notre premier participant, Jean-Marie, est chauffeur de bus et il ira prendre son service juste après la séance photo. Sur sa doudoune bleue, il y a brodé en rose le mot “astuce”. C’est le nom du réseau de transports en commun de la métropole de Rouen. Pendant la séance photo, ses collègues donnent un petit coup de klaxon quand ils passent à hauteur de l’arrêt. Jean-Marie leur répond d’un geste de la main en riant puis reprend rapidement son sérieux pour répondre à nos questions. “La conduite c’est mon métier. Aller et rentrer du travail sans prendre le volant, c’est appréciable car ça me repose. La flexibilité des horaires me convient bien aussi parce que je ne travaille pas toujours aux mêmes heures.”
Jean-Marie, passager sur le réseau Covoit’ici Rouen – octobre 2025
Il est temps pour Jean-Marie de nous laisser pour aller travailler. Quelques minutes plus tard nous voyons arriver Audran, coach sportif et adepte du dernier kilomètre en trottinette, que Covoit’ici met à disposition pour les usagers qui habitent ou travaillent un peu loin des arrêts. “Le matin ça m’évite de prendre ma voiture et de me retrouver à stresser tout seul dans les bouchons. Je suis avec quelqu’un, c’est plus fun, on discute, et une fois arrivé au bout de la ligne, j’accède rapidement au centre ville de Rouen !”
La combinaison trottinette et covoiturage, c’est aussi le choix de Julien, l’un de nos usagers pionniers. Julien, chez Ecov, tout le monde le connaît. Il est le déclencheur de ce qu’on appelle un “effet boule de neige”. Cela signifie qu’il est monté dans la voiture de plusieurs conducteurs qui ont ensuite été convaincus de devenir passager…et ont “converti” eux-même d’autres usagers. “Ça me plaît parce que ça me permet de voir du monde et de discuter. C’est vrai que pendant les trajets je parle surtout de Covoit’ici !”dit Julien. C’est d’ailleurs après avoir pris Julien en voiture que Sandrine a testé le service comme passagère. “J’habite à 5 minutes à pied de l’arrêt de Barentin donc c’est assez simple pour moi. Je pars quand je veux et j’ai le sentiment de faire ma part pour l’environnement.”
Sandrine, conductrice et passagère sur le réseau Covoit’ici Rouen – octobre 2025
Autour de nous, ça commence à être l’heure de pointe. Le bruit ambiant augmente et dans les voitures, nombreux sont les conducteurs seuls dans l’habitacle. Sacoche à l’épaule, Thomas vient d’arriver à l’arrêt Mont-Riboudet. Il va rentrer chez lui à Yvetot en covoiturage. Il se signale sur l’application et le temps qu’un conducteur arrive, Thomas nous raconte comment il est devenu passager sur Covoit’ici. “Je suis arrivé il y a quelques mois en Normandie avec ma famille. J’ai commencé comme conducteur et puis au bout de quelques semaines, mon véhicule a eu des petits soucis. Il me fallait une solution pour aller au travail et les autres usagers m’ont conseillé de tenter comme passager. Ça a été une vraie réussite car j’arrive plus détendu au travail le matin et moins fatigué chez moi le soir.”
Une voiture s’arrête sur l’encoche. Une conductrice a vu la demande de Thomas s’afficher sur le PMV et a décidé de lui proposer de le conduire jusqu’à Yvetot. Elle s’appelle Heidi et elle ne connaît pas Covoit’ici. Thomas propose de lui expliquer le fonctionnement du service et elle décide aussitôt de télécharger l’application pour s’inscrire.
Thomas, passager et Heidi, conductrice sur le réseau Covoit’ici Rouen – octobre 2025
Thomas sera à l’heure chez lui pour rejoindre sa famille, et nous, nous avons encore un peu de temps avant de reprendre le train. Comme c’est bientôt Halloween, on sort les déguisements du sac pour faire quelques photos pour les réseaux sociaux.
Alors, vous préférez Justine en lion, en citrouille ou en licorne ?
Justine, responsable du réseau de covoiturage Covoit’ici Rouen – octobre 2025
J’ai choisi deux parapluies. L’un à pois rouges, l’autre à pois blancs. La séance photo sur le réseau Covoit’ici à Metz s’annonce grise et pluvieuse et cela fera une petite touche de couleur tout en gardant les usagers à l’abri des gouttes. J’ai rendez-vous à 10h à l’arrêt Mazelle avec Lucie, la responsable de ce réseau de covoiturage. Une bruine persistante tombe déjà sur la ville mais le sourire des usagers vient vite réchauffer l’ambiance.
Au départ, Patrick pensait utiliser les lignes de covoiturage comme passager pour réduire son impact sur l’environnement. Il m’explique que la bonne surprise qui est arrivée par la suite, ce sont les rencontres faites lors des trajets. “ J’ai rencontré un autre usager, qui lui aussi était passionné de géocaching. Depuis, nous y allons régulièrement ensemble !»
Devant mon air incrédule, Patrick m’explique ce qu’est le géocaching : une sorte de chasse au trésor, avec des caches à découvrir partout dans le monde grâce à la géolocalisation. Lucie, elle, a l’air de très bien connaître le principe et les voilà tous les deux en train de comparer leurs dernières trouvailles dans la région de Metz.
Patrick nous quitte pour retourner au travail et voici Nathalie qui arrive. Elle est venue bien équipée au vu de la météo : un large parapluie rose qui donne un coup de blush à nos photos. Nathalie est conductrice sur Covoit’ici depuis 2022. Ce qui lui plaît, c’est surtout de profiter des trajets pour faire connaissance avec les passagers. « J’ai déjà pris des voisins dans ma voiture. Je n’avais aucune idée qu’ils faisaient le même trajet que moi, matin et soir!”
Nathalie, conductrice sur le réseau Covoit’ici Boulay-Metz – janvier 2026
Roberto arrive à l’arrêt d’un pas pressé. Il s’est éclipsé du restaurant où il travaille pour nous rejoindre. Il a commencé comme conducteur pour dépanner les passagers et aussi amortir un peu le prix du plein d’essence. Désormais, il utilise le plus souvent le service comme passager. Quand il part le matin, il attend à l’arrêt Metz Legouest. Roberto me raconte qu’il est très serein quand il arrive sur la ligne, car il est sûr d’être pris en charge à chaque fois. ”Plusieurs conducteurs se sont déjà arrêtés pour me prendre en voyant ma demande sur le panneau, alors qu’ils n’avaient même pas l’application. C’est moi qui ai leur ai montré comment ça marche !”
Roberto, passager sur le réseau Covoit’ici Boulay-Metz – janvier 2026
Au fur et à mesure de la discussion, la pluie s’amenuise et nous pouvons ranger les parapluies. Roberto raconte des blagues pendant que je le prends en photo. On boucle la séance avant que le crachin ne reprenne, et Roberto reprend la route du travail, la casquette bien enfoncée sur la tête. Lucie et moi repartons vers la gare pour engloutir un sandwich avant de remonter dans le train. L’une direction Strasbourg, l’autre Nantes !
Je traverse la France d’Ouest en Est pour rejoindre Toulon. Ah le Sud en février ! Le soleil, la mer, les mimosas en fleur… Je mets mes lunettes de soleil dans mon sac à dos et je m’imagine déjà déjeuner en terrasse après la séance photo.
C’est totalement raté: j’arrive sous une pluie diluvienne. Laura, responsable du réseau de covoiturage ZOU! COVOIT’ vient me chercher pour m’emmener à la Garde, à quelques kilomètres de Toulon. Sur la route, les palmiers sont battus par le vent et le ciel est noir. Laura est encore plus déçue que moi. Pour une séance photo dans le Var, on s’imaginait toutes les deux un peu plus de soleil et d’azur.
Nous arrivons à l’arrêt La Garde – Campus pour retrouver Corinne et Sylvie qui travaillent toutes les deux à l’université de Toulon. Cela faisait une quinzaine d’années qu’elles se croisaient dans les couloirs de la fac sans vraiment se parler et c’est à l’issue d’un webinaire ZOU! COVOIT’ que Corinne a proposé à Sylvie de tester ensemble la ligne de covoiturage express. La pluie tombe toujours à verse et impossible de leur demander de faire la séance photo sur le bord de la route. Nous décidons donc d’utiliser la voiture de Laura comme studio photo.
Corinne et Sylvie se connaissent bien et sont à l’aise pour nous raconter leur routine de covoiturage.“Le matin quand j’entre dans ma voiture, j’active tous les arrêts qui se trouvent sur mon chemin. » m’explique Sylvie. “Deux fois par semaine j’ai une place prise par Corinne. Je mets aussi les places à l’arrière à disposition pour prendre d’autres passagers au pied levé, car 3 places de libres, c’est encore trop.” poursuit-elle. Corinne, elle, se félicite d’avoir beaucoup moins à prendre sa voiture. “Pour moi c’est une vraie liberté. Quand Sylvie est en télétravail, je pars tout simplement avec d’autres conducteurs comme Florian ou Larry.”
Corinne, passagère, et Sylvie, conductrice sur la ligne ZOU! COVOIT’- février 2026
Après plusieurs mois de trajets partagés, Sylvie et Corinne ont noué une réelle complicité. “Elle ne veut pas me dire sa date d’anniversaire mais ce n’est pas grave, je lui offrirai quand même un petit cadeau!” dit Sylvie en riant. Nous devons dire au revoir à Sylvie et Corinne car l’afterwork démarre bientôt. Une vingtaine d’usagers sont attendus pour ce soir et la plupart sont déjà en train de boire un verre lorsque nous arrivons au restaurant. Chacun porte un petit badge avec son prénom et son rôle: “conducteur” ou “passager”. Les pionniers du service partagent leur expérience avec les nouveaux arrivants. Après les petits fours et le verre de bienvenue, tous sont invités à prendre la parole. Laura note consciencieusement les commentaires dans son ordinateur.
C’est la première fois que j’assiste à un afterwork d’une ligne de covoiturage opérée par Ecov et je comprends mieux pourquoi tous les usagers ont le mot “convivialité” et “communauté” à la bouche. L’ambiance est très détendue et je vois que les participants ont déjà créé un lien de confiance. D’ailleurs c’est après avoir participé à un évènement comme celui-ci que Corinne s’est sentie suffisamment à l’aise pour covoiturer avec des hommes. Nathalie, passagère elle aussi, confirme que ces rendez-vous, organisés régulièrement par Laura, nourrissent son sentiment de sécurité. “J’ai rencontré un groupe de personnes bienveillantes, avec un intérêt commun: protéger la planète, se déplacer en étant moins pollueur, plus vertueux. Je n’ai fait que de belles rencontres.”
Afterwork ZOU! COVOIT’ à Solliès-Toucas – février 2026
Le lendemain, retour à l’arrêt La Garde – Campus, où nous retrouvons Dorian, étudiant chercheur. Laura fait la danse de la joie car Dorian arrive avec le soleil et la séance photo s’annonce plus lumineuse que la veille.
Dorian, passager sur la ligne ZOU! COVOIT’ – février 2026
Dorian utilise ZOU!COVOIT’ entre Toulon et Cuers, pour aller à la fois au travail et à l’université. Un service en phase avec ses convictions. “En laissant ma voiture au garage et en utilisant la ligne de covoiturage pour mes déplacements du quotidien, je sais que je réduis mon impact sur l’environnement.” explique Dorian. Il se réjouit aussi de réduire ses frais d’essence et de pouvoir réinvestir cette économie dans les dépenses du quotidien et les loisirs. Le rire de Dorian est contagieux et je n’ai aucun mal à imaginer ses trajets avec ses covoitureurs. “Quand on monte en voiture, la convivialité s’installe directement avec les autres usagers. C’est agréable de pouvoir discuter pendant les trajets !”
La séance photo s’achève, c’est l’heure pour moi de partir à la gare. Je quitte Dorian et Laura. Je laisse derrière moi le soleil, la mer et les mimosas en fleurs…
Ah le sud en février !
Le printemps est là et la prochaine séance photo s’annonce prometteuse. Il fait doux lorsque je sors de la gare de Reims et le soleil pointe son nez derrière les nuages. Ce à quoi je ne m’attendais pas en revanche, c’est à cette statue de dinosaure mi résine, mi Lego, qui se dresse sur le rond-point de l’Europe. Il y aura un petit air de Jurassic Park dans cette série de portraits !
Pour cette séance photo, Juliette, responsable du réseau de covoiturage Grand Reims Mobilités Covoit, a donné rendez-vous à plusieurs usagers sur les lignes 1 et 2. Bruno est le premier à nous rejoindre à l’arrêt Bezannes, à proximité de la gare TGV. Comme il est retraité, il nous explique qu’il utilise la ligne de manière plutôt ponctuelle et que c’est l’occasion pour lui de rencontrer de nouvelles personnes, tout en faisant un petit geste pour la planète. “On voit que les mentalités changent. Les gens intègrent un peu plus le côté environnemental dans leur façon de se déplacer. Je fais partie des anciens du service et parmi les pionniers on est nombreux à avoir ça en tête.”
Bruno, conducteur sur le réseau Grand Reims Mobilités Covoit – mars 2026
Armelle, conductrice, partage le point de vue de Bruno. Elle met aussi un point d’honneur à partager ses sièges libres pour dépanner notamment les jeunes de l’agglomération. “Un étudiant m’a expliqué qu’il utilisait l’application car il n’avait aucun autre moyen de se déplacer. Je me suis dit, si on fait le même trajet, autant prendre quelqu’un et rendre service.” Pour dépanner un maximum, Armelle a un petit rituel. Tous les soirs elle déclare ses trajets sur l’application et le lendemain matin elle ajuste son heure de départ. “Si chacun fait un petit peu, on peut avancer d’un grand pas” ajoute-t-elle.
Armelle, conductrice sur le réseau Grand Reims Mobilités Covoit – mars 2026
Pour la suite de la séance photo, direction Witry-lès-Reims, où nous avons d’abord rendez-vous avec Olivier. Il est enseignant et quand ses horaires correspondent avec ceux du service, il déclenche l’application. “ Quand mes enfants étaient petits, je déposais les enfants des voisins à l’école. Là, c’est un peu pareil, mais pour les adultes. J’essaie de continuer à rendre service.” Olivier s’interrompt pour dire bonjour à Stéphanie qui vient d’arriver. Leurs enfants étaient scolarisés ensemble il y a quelques années puis ils se sont perdus de vue. C’est en utilisant les lignes de covoiturage qu’ils se sont recroisés.
Stéphanie est passagère depuis un peu plus de 2 ans. “La ligne correspond à mon trajet domicile-travail, c’est parfait pour moi. C’est une charge mentale en moins car en arrivant au bureau, je n’ai pas besoin de chercher une place pour me garer.” Gilbert, le mari de Stéphanie, utilise aussi le service, mais comme conducteur. “Il prend la voiture électrique et moi je fais du covoiturage. Ca fait que pour aller au travail on dépense peu d’argent pour le plein d’essence.” explique-t-elle.
Olivier, conducteur, et Stéphanie, passagère sur le réseau Grand Reims Mobilités Covoit – mars 2026
Pour Cédric, dont le petit garçon joue sur la banquette arrière, le service permet de montrer l’importance de certaines valeurs aux plus jeunes. “C’est intégré dans notre vie de famille car je déclare mes trajets dès que je l’emmène ou le ramène de l’école. Je le fais pour rendre service et rencontrer des gens. Le partage, l’entraide, ça fait partie des choses qu’on aimerait transmettre à nos enfants.”
À Witry-lès-Reims, la ligne de covoiturage renforce le tissu social. D’anciennes connaissances se retrouvent et des voisins se rencontrent. Pour Véronique, la découverte du service s’est faite lors d’un barbecue de quartier, il y a 1 an et demi. “Ça m’a donné envie et je me suis inscrite. C’est un vrai moment de convivialité. Quand je suis seule en voiture, je mets la radio mais quand je suis avec quelqu’un, je discute !”A la fin de la séance, Véronique et Stéphanie restent un peu pour papoter. Peut-être qu’un nouveau barbecue s’organise…
Stéphanie, passagère, et Véronique, conductrice sur le réseau Grand Reims Mobilités Covoit – mars 2026
Cette journée s’annonce comme un vrai marathon: nous avons rendez-vous avec 5 usagers, à 5 arrêts, sur 3 lignes. Estelle, responsable du réseau des lignes de covoiturage IdFM, m’emmène à l’arrêt Christ de Saclay, à quelques centaines de mètres de l’impressionnant viaduc de la ligne 18 du métro parisien. Les nuages se dissipent et un ciel délavé apparaît au-dessus de nous. Nous allons rencontrer Christelle, conductrice. Pour elle, le covoiturage express, c’est un peu une histoire de famille. Elle lance l’application Lignes de covoiturage IdFM dès qu’elle part au travail ou qu’elle dépose ses filles à l’école ou à leurs activités. “Je fais la plupart de mes trajets à vide, alors s’il y a moyen de se regrouper et d’aider les gens qui galèrent à se déplacer, c’est précieux.”
Christelle, conductrice sur le réseau Lignes de covoiturage IdFM – mars 2026
Christelle nous explique que sa fille aînée utilise aussi le service pour aller au lycée. “Je pense qu’elle le prendra également l’année prochaine pour ses études supérieures, quand elle aura besoin de rejoindre la ligne 18 pour se rendre dans Paris.” ajoute-t-elle. Dans deux semaines, nous organiserons ici avec IdFM l’inauguration des premières lignes de covoiturage d’Île-de-France. Christelle promet de revenir avec ses deux filles pour représenter les usagers.
Nous devons reprendre la route car nous avons rendez-vous à Boulogne-Billancourt avec Alexis, passager sur l’axe Pont de Sèvres-Saclay. Lorsque nous arrivons à l’arrêt Pont de Sèvres, mauvaise surprise: un immense camion grue s’est installé devant le totem et des barrières bloquent l’accès à l’encoche. Nous faisons monter Alexis en voiture avec nous pour aller un peu plus loin sur la ligne.
Prochain arrêt: Meudon Docteur Roux. Sur le chemin, Alexis nous raconte les différents moyens de transport qu’il a expérimentés pour se rendre depuis chez lui, dans le centre de Paris, jusqu’à son laboratoire sur le plateau de Saclay: le métro, le bus, l’auto-stop et le covoiturage planifié. “Quand on m’a dit qu’il y avait une nouvelle application de covoiturage sans réservation, je me suis dit que c’était exactement ce que je voulais. Le service c’est un départ garanti et des conducteurs indemnisés, c’est trop bien fait. L’idée est géniale.” Nous arrivons à Meudon et Alexis s’installe pour la séance photo. Ses yeux et son polo ont presque la couleur des panneaux d’IdFM. Il assure en riant qu’il ne l’a pas fait exprès ! Quand je lui demande quel est son meilleur souvenir lors d’un trajet partagé sur les lignes, son regard se met à briller. “Une fois, un chercheur m’a parlé de son ordinateur biologique et m’a proposé de venir visiter son labo. C’était incroyable!”
Alexis, passager sur le réseau Lignes de covoiturage IdFM – mars 2026
En direction du plateau de Saclay, il y a beaucoup de chercheurs et aussi beaucoup d’étudiants sur la ligne. Quentin a 22 ans et étudie à Normale Sup Paris Saclay. Il nous attend à l’arrêt Moulon, juste à côté du laboratoire où il est en stage en ce moment. “Ça fait 3 ans que je suis sur le plateau, je sais que ce n’est pas toujours facile de se déplacer. J’utilise l’application tous les jours pour proposer mes sièges libres à quelqu’un qui serait sur mon trajet entre chez moi et le laboratoire.”
Avec la hausse du prix de l’essence, les lignes de covoiturage c’est aussi une solution concrète pour le porte-monnaie des jeunes comme lui. Quentin a fait le calcul: s’il prend un passager par jour pendant 1 mois, les indemnités versées par le service peuvent lui rembourser l’équivalent d’un plein d’essence. “ C’est vrai que c’est une excellente solution pour limiter les frais liés à l’essence. Je tenterai peut-être comme passager si c’est compatible avec mes horaires. Quoi qu’il arrive, j’essaierai toujours de trouver des solutions avec le covoiturage sans réservation.”
Quentin, conducteur sur le réseau Lignes de covoiturage IdFM – mars 2026
Après avoir dit au revoir à Quentin, nous partons déjeuner à la crêperie de Gif-sur-Yvette. Au moment de la crêpe dessert, le téléphone d’Estelle sonne. C’est Joëlle qui nous attend aux Ulis. Nous réglons en vitesse et remontons en voiture.
A l’arrêt Les Ulis, parc Loridant, impossible de rater Joëlle. Elle est venue dans un manteau rouge cerise, boucles d’oreilles assorties et parapluie arc en ciel. Un vrai rayon de soleil !
Joëlle, passagère et conductrice sur le réseau Lignes de covoiturage IdFM – mars 2026
Joëlle a découvert les lignes de covoiturage d’IdFM en lisant le journal de sa ville. L’information est longtemps restée dans un coin de sa tête et puis un jour, en marchant vers Pont de Sèvres, elle a reconnu un arrêt de la ligne. Alors elle a décidé d’essayer le service pour rentrer chez elle, aux Ulis. “Le trajet s’est très bien passé. C’était fluide et assez rassurant pour un premier essai.”
Il nous reste un dernier usager à rencontrer avant de ranger l’appareil photo. Il s’agit de Florian, l’un des pionniers du service. Nous le retrouvons à l’arrêt Gif-les-Quinconces, en pleine heure de pointe. Florian habite la vallée de Chevreuse depuis 15 ans et il connaît le territoire par cœur. Quand il prend le volant, il essaie de repérer les arrêts qui pourraient demain se connecter à une ligne de covoiturage et dont il pourrait parler à Estelle. “J’aime bien tout ce qui est écologique, économique et convivial. Le fait qu’on prenne en compte nos suggestions sur le fonctionnement du service, ça me donne l’impression de faire partie d’une petite entreprise et de la faire monter en compétence en tant qu’utilisateur.”
Florian, conducteur sur le réseau Lignes de covoiturage IdFM – mars 2026
Tous les matins en allant au bureau, Florian déclare ses trajets sur l’application. Il le fait même quand il est en télétravail et qu’il sort juste pour faire une course ou déposer l’un de ses enfants à une activité. “Aucune contrainte, que du bonus et si ça peut aider les gens qui n’ont pas de voiture ou un problème avec leur voiture, je suis partant pour les aider !” Le rendez-vous pris pour le prochain afterwork, Florian nous dit au revoir. Difficile pour moi de rejoindre rapidement le centre de Paris pour prendre un train Gare Montparnasse. Estelle me dépose à Massy- Palaiseau et je saute dans le TGV pour Nantes. Je serai de retour dans à peine deux semaines pour l’inauguration officielle des lignes, à l’arrêt Christ de Saclay. Nous y retrouverons Alexis, Joëlle, Christelle et Quentin!
La canicule s’est invitée à notre séance photo prévue à Grenoble. Je prends avec moi chapeau de paille et crème solaire, puis direction Gare de Lyon. Visiblement mon train n’était pas aussi prêt que moi : nous restons bloqués 4h sur les rails et j’arrive à Grenoble à 1h du matin. Heureusement il fait frais le lendemain matin quand je retrouve Benjamin, le responsable du réseau de covoiturage M covoit’ Lignes+. Notre premier rendez-vous est à 8h à Seyssinet, à une vingtaine de minutes du centre-ville. Nous allons rencontrer Hélène, conductrice et pionnière du service. Il fait un temps radieux et malgré la chaleur, on aperçoit encore un peu de neige sur la chaîne de Belledonne.
4 jours par semaine, Hélène utilise sa voiture pour faire le trajet Saint-Nizier- Seyssinet. “Ça fait des années que je me dis que c’est dommage de faire tous ces trajets à vide. Maintenant je peux rendre utile mes sièges libres. Pas de surcoût, pas d’engagement, c’est simple. C’est devenu un réflexe de déclencher l’appli le matin quand je descends vers Grenoble.” Hélène est mère de deux enfants. L’année prochaine sa fille ira au lycée à Grenoble et elle compte bien lui proposer d’utiliser la ligne de covoiturage pour aller en cours. Le service a déjà dépanné sa fille cette année, alors qu’elle ne l’a jamais utilisé, s’amuse Hélène. “Un jour j’ai covoituré avec une amie et en discutant, elle m’a trouvé un stage pour ma fille. Je n’aurais jamais pensé aborder ce sujet avec elle en la voyant à un autre moment. On ne parle pas des mêmes sujets quand on est en week-end ou quand on est sur le point d’aller travailler.”
Pendant qu’Hélène nous parle de son expérience, je vois plusieurs passagers patienter à l’arrêt et partir en covoiturage. Benjamin reconnaît l’un deux car leurs enfants vont dans la même école. Il a un énorme sac à dos et je comprends qu’il va rejoindre un spot de saut en parapente grâce à M covoit’ Lignes+. Comme quoi les lignes de covoiturage peuvent servir en dehors des trajets domicile- travail !
Christophe, passager sur le réseau M covoit’ Lignes+ – mai 2026
Nous reprenons la route pour le centre ville de Grenoble, direction le Pont d’Oxford. Les premiers contreforts du parc régional de la Chartreuse se dressent derrière l’arrêt et la prise de vue est magnifique.
Dans son t-shirt jaune safran, Samuel se prête au jeu et prend la pose en bord de route. Aujourd’hui, je prends les photos et c’est Benjamin qui fait les interviews. Samuel rit aux premières questions puis nous confie à quel point le service à changé sa façon de se déplacer. Il l’utilise tous les jours, soit comme passager, soit comme conducteur, entre Rives et Grenoble. “Je ne pourrais pas revenir au 100% voiture solo. Avec le péage, ça coûte trop cher. Et puis à partir du moment où tu comprends à quel point tu rends service, tu y reviens beaucoup plus facilement.”
Samuel, passager et conducteur sur le réseau M covoit’ Lignes+ – mai 2026
Nous avons rendez-vous avec les prochains usagers à la pause déjeuner. Je suis Benjamin jusqu’aux bureaux de M covoit’ Lignes+, dans l’immeuble du SMMAG. En attendant la reprise de la séance photo, nous faisons quelques provisions au supermarché d’à côté: des bouteilles d’eau pour tous, et sur une idée de Benjamin, une boîte de bonbons pour les usagers. Vers 12h nous nous mettons en route pour retrouver Diane à proximité de l’Université Grenoble Alpes. Elle utilise pour le moment le service uniquement comme conductrice, depuis le Touvet. “Mon conjoint et moi habitons loin de Grenoble et nous essayons de faire du covoiturage à cause du coût du trajet. Ça fait vraiment du bien au porte-monnaie. Je n’ai qu’à monter en voiture et lancer l’application M covoit’ Lignes+, c’est vraiment simple.”
La suite de la séance photo se fait à nouveau à Pont d’Oxford car c’est à proximité de cet arrêt que travaillent la plupart des usagers qui ont accepté de participer à notre campagne de portraits d’usagers. La lumière est vraiment forte et il est très difficile pour certains de retirer les lunettes de soleil pour les photos. Gaëlle, passagère, prend sur elle quelques minutes pour cette photo avec son amie Géraldine. Les deux femmes utilisent régulièrement la ligne mais ne font pas forcément la route ensemble.
Géraldine, conductrice et passagère, et Gaëlle, passagère sur le réseau M covoit’ Lignes+ – mai 2026
“C’est Géraldine qui m’a parlé de M covoit’ Lignes+. Pour moi c’est surtout moins de fatigue. Je ne suis plus au volant tout le temps donc c’est moins de concentration lors des trajets. J’aime aussi le côté relationnel: j’ai rencontré des collègues et des voisins. Je venais de m’installer dans mon village quand j’ai testé le service et ça m’a permis de rencontrer la communauté.” Gaëlle n’est pas la seule à avoir été convertie aux lignes de covoiturage par Géraldine. Celle-ci en parle souvent autour d’elle, et notamment à son travail. “Quand je rends service à des collègues en les prenant dans ma voiture, je leur dis : tu peux monter mais télécharge l’application M covoit’ Lignes+ et inscris toi comme passager, c’est gratuit !”
Plusieurs usagers sont arrivés pendant que nous discutions avec Gaëlle et Géraldine. Certains réalisent qu’ils travaillent au même endroit, d’autres sont déjà des amis ou collègues de longue date, comme Emilie et Céline. Un petit fou rire entre chaque photo et l’atmosphère se détend. “J’ai fait mon premier trajet avec Emilie, pour me lancer et puis après j’ai continué toute seule. C’est devenu mon quotidien. Je mets ma voiture sur un parking relais et je prends un covoiturage” raconte Céline. De son côté, c’est l’esprit de communauté qui a vraiment séduit Emilie. Elle y a même trouvé plus que des compagnons de route : “On se croise souvent entre habitués… et c’est même grâce à l’une d’eux que j’ai adopté mon chat, Kellen !”
Céline et Emilie, passagères sur le réseau M covoit’ Lignes+ – mai 2026
Nos deux derniers usagers viennent d’arriver. Pour Clément, pas d’anecdote animalière mais une vraie conviction d’opter pour un mode de transport plus respectueux. “J’ai le sentiment de me déplacer de façon plus verte. Je ne pourrai jamais revenir à 100% voiture solo. Et puis j’économise de l’essence et dans le contexte d’aujourd’hui, c’est intéressant. » C’est en utilisant les lignes de covoiturage que Jan, lui, a décidé d’abandonner les voitures thermiques. “Je montais souvent avec des conducteurs qui avaient des voitures électriques et c’est comme ça que j’ai franchi le pas. J’utilise le service surtout pour réduire les émissions de CO2 : à 5 dans une voiture électrique, ça fait une différence !”
Pour moi, pas de covoiturage en voiture électrique pour rejoindre Nantes mais une dizaine d’heures de train en vue. Je remercie les usagers et Benjamin pour cette journée, je jette un dernier coup d’œil aux montagnes et je file à la gare. A bientôt Grenoble !
Merci à tous les usagers de nos lignes de covoiturage d’avoir participé à cette campagne photo. Tous les portraits sont à retrouver sur notre compte Linkedin : https://fr.linkedin.com/company/ecov-fr

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