Lignes de covoiturage : 5 raisons de passer à l’action dans les territoires périurbains et ruraux

Les Français sont prêts à se passer de leur voiture, à condition d’avoir des transports efficaces. Hors des villes, où les solutions classiques plafonnent, les lignes de covoiturage déjà déployées par des dizaines de collectivités en France, apportent une réponse concrète.

Une ligne de covoiturage, c'est quoi ?

C’est un service public de mobilité conçu pour les territoires périurbains et ruraux, qui fonctionne comme un transport collectif fréquent et fiable, en s’appuyant sur une ressource déjà disponible : les sièges libres des voitures en circulation.

Le parcours utilisateur est simple et se passe de tout rendez-vous. Les conducteurs roulent sur leur trajet habituel, passent naturellement par les arrêts et peuvent signaler leur passage via une application. Les passagers, eux, vivent une expérience proche d’un transport en commun à haut niveau de service : ils se rendent à l’arrêt le plus proche, formulent leur demande depuis une application, par SMS ou via un boîtier, attendent le premier conducteur qui s’arrête, montent à bord et valident comme dans un bus.

Jamy a réalisé un reportage sur une ligne de covoiturage en périphérie de Grenoble qui montre bien le fonctionnement du service.

1. Les Français demandent des lignes de covoiturage

Un sondage IFOP réalisé pour Ecov et publié en mars 2026 (1) révèle que 64 % des Français souhaitent que les élus de leur commune s’engagent pour le déploiement d’une ligne de covoiturage. Le soutien est transpartisan, supérieur à 55 % dans toutes les familles politiques.

Plus révélateur encore : chez les personnes qui disposent déjà d’une ligne à proximité de leur domicile, ce souhait grimpe à 82 %.

💡 Pour aller plus loin

  • Consultez les résultats détaillés du sondage IFOP par ici : Disponible ici

2. Les lignes de covoiturage étendent et améliorent l'offre de transports collectifs

La fréquence est un facteur déterminant pour générer du report modal depuis la voiture solo : 48 % des habitants se déclarent prêts à abandonner leur voiture si un transport en commun passe au maximum toutes les 10 minutes sur leur trajet (2). Parce qu’elles fonctionnent avec des petites capacités de transport (des voitures de 5 places), les lignes de covoiturage permettent précisément d’apporter cette fréquence hors des zones denses.

Les lignes de covoiturage s’inscrivent dans une logique de bouquet de services plutôt que de service unique. Elles sont une porte d’entrée vers le système multimodal : il est d’abord possible de partager ses sièges libres en étant conducteur, puis progressivement devenir passager de la ligne de covoiturage et des transports collectifs urbains. 83 % des personnes prêtes à utiliser une ligne de covoiturage souhaitent d’ailleurs disposer de plusieurs alternatives (TER, car express, lignes de covoiturage) pour se passer de leur voiture au quotidien (3).

« La ligne de covoiturage Lane,
c’est l’équivalent d’un tramway entre
Bourgoin-Jallieu et Lyon ».

Vincent Chriqui, Maire de Bourgoin-Jallieu et
Vice-Président de la Communauté d’Agglomération de la Porte de l’Isère (CAPI).

« M Covoit Lignes + est un service qui a de nombreux avantages sur le plan économique et environnemental. Mais c’est aussi un service qui ne coûte quasiment rien en termes d’infrastructures et d’aménagements. Il y a évidemment des matérialisations d’arrêts à faire, mais comparé à des infrastructures plus lourdes de transport à notre échelle, ce n’est pas grand-chose. »

Sylvain Laval, Président du Syndicat Mixte
des Mobilités de l’Aire Grenobloise.

Grâce aux lignes de covoiturage, il devient possible de mailler plus finement le territoire de modes de transports fréquents et fiables. En fonction de la densité territoriale, les collectivités locales peuvent ainsi déployer des lignes de RER/TER, des lignes de car express et des lignes de covoiturage express.

💡 Pour aller plus loin

  • Regardez les témoignages de nos usagers qui racontent leurs parcours intermodaux quotidiens : Disponible ici
  • Consultez notre livre blanc sur le système multimodal à déployer hors des zones denses, qui a bénéficié des contributions du Cerema, du Laboratoire Ville Mobilités Transports (LVMT), du WWF, et de l’Institut Mobilités en Transition (IMT) : Disponible ici
  • Consultez l’étude que nous avons réalisée pour Transports & Environnement France et l’Institut Mobilités en Transition sur le potentiel de couverture et l’impact socio économique de ce système multimodal hors des zones denses : Disponible ici

3. Le potentiel de transformation des lignes de covoiturage est considérable

Transition juste. L’étude réalisée par Ecov pour Transports & Environnement et l’Institut Mobilités en Transition (6) chiffre l’impact d’un système multimodal national (TER, car express, covoiturage express) : les émissions de CO₂ évitées permettraient d’atteindre les objectifs nationaux 2030 de la planification écologique en matière de report modal. Ce système représenterait par ailleurs 11,4 Md€ d’économies par an pour les usagers.

Démotorisation choisie. 36 % des ménages se disent prêts à réduire le nombre de voitures qu’ils possèdent si une ligne de covoiturage est déployée près de chez eux (4).

Ce n’est pas qu’une intention : sur les lignes les plus matures, les enquêtes terrain d’Ecov montrent qu’entre 10 et 20 % des passagers n’ont pas remplacé ou ont vendu une de leurs voitures grâce au service (5).

Souveraineté et résilience. Réduire la dépendance aux énergies fossiles et aux matières premières, c’est alléger durablement la facture des ménages et diminuer la vulnérabilité des finances publiques face aux chocs.

💡 Pour aller plus loin

  • Découvrez le reportage de M6 dans lequel plusieurs usagers témoignent des économies de carburant réalisées grâce à leur ligne de covoiturage : Disponible ici

4. Les lignes de covoiturage sont complémentaires du covoiturage planifié

Les deux modèles ne se concurrencent pas, ils s’additionnent. 43 % des Français se disent prêts à covoiturer régulièrement via un mode planifié, avec réservation et 55 % se disent prêts à utiliser une ligne de covoiturage. La proportion des personnes prêtes à utiliser une ligne atteint même 81 % chez ceux qui en ont déjà une à proximité (7).

Certains n’adhèrent qu’à la flexibilité et à l’absence de réservation des lignes, d’autres préfèrent la récurrence d’un binôme connu à l’avance. Additionnés, 61 % des Français pourraient covoiturer sous une forme ou une autre (8).

Déployer les deux maximise donc le potentiel de transition modale. C’est notamment ce que fait le SMMAG avec ses trois briques complémentaires : M covoit Lignes +, M covoit’ Pouce et M covoit’ RDV.

5. Les lignes de covoiturage créent du lien

Entre les usagers

L’autosolisme généralisé est aussi une forme d’isolement social massif. Les lignes de covoiturage proposent une autre manière de se déplacer, en partageant la route avec une personne différente le matin et le soir. Sur chaque ligne, un collectif de covoitureurs se constitue au fil de l’eau et se retrouve autour d’événements festifs : petits déjeuners, afterworks…

« C’est tout une communauté qui
s’est développée autour de ce réseau,
qui entretient la proximité et promeut
la solidarité. Un succès au-delà de nos prévisions et nos attentes ».

Patricia Brémond, Maire de Marvejols.
Présidente de la Communauté de Communes
du Grésivaudan, 2e Vice-Présidente du Conseil Départemental de la Lozère.

💡 Pour aller plus loin

  • Regardez les témoignages de nos usagers qui racontent leurs rencontres sur les lignes de covoiturage : Disponible ici
  • Regardez une vidéo d’un afterwork des usagers de la ligne de covoiturage Zou ! : Disponible ici

Entre les collectivités

Une ligne de covoiturage se construit souvent à l’échelle de plusieurs collectivités qui travaillent ensemble pour faire émerger le projet. Il peut s’agir de communautés de communes rurales qui mutualisent des moyens ou de projets de solidarité territoriale entre les métropoles et leurs territoires voisins. Le portage politique et le cadre juridique varient selon les territoires : coopération directe entre intercommunalités, pilotage par un syndicat mixte à plus grande échelle ou par une région.

« Les lignes de covoiturage que nous venons d’ouvrir dans le pays nantais sont une belle illustration de coopération territoriale, permettant à la Métropole de rester accessible aux habitants des territoires péri urbains et ruraux, dont le pouvoir d’achat est aujourd’hui miné par le coût des transports ».

Aziliz Gouez, Vice-Présidente de Nantes Métropole en charge de l’Alliance des Territoires, l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Conseillère régionale de Bretagne.

Passer à l'action

Vous souhaitez étudier le potentiel d’une ligne de covoiturage sur votre territoire ? Écrivez-nous à monprojet@ecov.fr. À noter : ces projets peuvent être financés en partie grâce au Fonds Vert.

💡 Sources :

(1) (2) (3) (4) : IFOP, Les pratiques de mobilité des Français et le potentiel du covoiturage au quotidien, Janvier 2026.

(5) : Enquêtes terrain Ecov réalisées sur l’ensemble de nos réseaux en 2022 puis en 2024.

(6) : Ecov pour IMT et T&E. Le potentiel des transports express : vers le déploiement d’un système multimodal alternatif à la voiture individuelle. Juillet 2025.

(7) (8) : IFOP, Les pratiques de mobilité des Français et le potentiel du covoiturage au quotidien, Janvier 2026.

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