
Ecov renforce sa gouvernance
Actualités Louis‑Nicolas Amedee‑Manesme nommé Directeur Général ; deux membres indépendants rejoignent le Comité Stratégique Ecov annonce la nomination de Louis-Nicolas
Le déploiement des Services Express Routiers (SER), combinant lignes de car express et lignes de covoiturage express, répond à l’inefficience structurelle actuelle du système de mobilité et permettrait, en ce sens, de créer les conditions propices à l’accélération de l’électrification des mobilités.
La transition vers la mobilité électrique est aujourd’hui engagée. Elle constitue un levier essentiel pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et limiter notre dépendance aux énergies fossiles. Pourtant, malgré les efforts engagés, cette transition reste encore trop lente et incomplète, notamment dans les territoires périurbains et ruraux où la voiture individuelle demeure indispensable.
Et si, pour accélérer l’électrification, il fallait aussi repenser la manière dont nous utilisons les véhicules au quotidien ?
Aujourd’hui, une grande partie des déplacements repose sur un modèle peu optimisé : des voitures souvent utilisées par une seule personne, sur des trajets répétés chaque jour.
Le constat est frappant : 5,2 milliards de kilomètres sont parcourus quotidiennement par des sièges vides en France (1). Cela représente une perte économique pour les ménages (2), un manque à gagner considérable pour l’économie (3) et un coût environnemental majeur (4).
[Lire notre article sur les capacités de transports disponibles en France]
Electrifier les véhicules est indispensable. Mais si ces véhicules restent sous-utilisés, une partie du potentiel de la transition est perdue. L’enjeu n’est donc pas uniquement de changer les motorisations, mais aussi d’améliorer l’usage des capacités existantes.
Plusieurs obstacles ralentissent aujourd’hui l’électrification des modes de transport routiers :
Du côté des ménages, l’augmentation du prix des voitures électriques (+24 % ces dernières années) a exclu une partie des foyers les moins aisés jusqu’à la classe moyenne. L’accès à l’électrique reste donc inégal, malgré les aides existantes.
Du côté des transports collectifs, la situation est contrastée. Si les bus urbains se convertissent progressivement à l’électrique, les autocars interurbains accusent un retard important : en 2025, 38 % des immatriculations neuves d’autobus étaient électriques, contre seulement 1 % pour les autocars (5). Ce décalage s’explique notamment par un manque de visibilité et de structuration de la demande, qui freine les investissements industriels.
Les Services Express Routiers sont la combinaison des lignes de car express et des lignes de covoiturage express. L’alliance des deux modes permet d’étendre la couverture des transports collectifs et améliorer la qualité du système multimodal.
Dans une étude que nous avons menée pour Transport & Environment France et l’Institut Mobilité en Transition, nous montrons qu’un système multimodal de transports express, combinant lignes de TER, lignes de cars express et lignes de covoiturage express, permettrait de faire reculer fortement la voiture solo au-delà des centres villes.
Les résultats du scénario montrent un futur désirable et accessible :
Extension du domaine des transports collectifs permise par le déploiement des Services Express Routiers
En permettant l’organisation optimale des capacités de transport routières, les Services Express Routiers créent les conditions économiques favorables à une électrification plus rapide.
Partager le coûts des trajets en voiture permet de financer l’achat de véhicules électriques
→ En concevant de manière simultanée les politiques publiques liées à l’électrification et celles liées au covoiturage, il devient possible de réduire le coût d’usage d’un véhicule électrique, voire de compenser son surcoût à l’achat. Des dispositifs comme la bonification des indemnités de covoiturage ou le développement de solutions de leasing territorialisé peuvent contribuer à rendre l’électrique accessible à un plus grand nombre.
→ Selon un sondage réalisé par l’IFOP pour Ecov en Janvier 2026, 34 % des Français seraient prêts à s’équiper d’un véhicule électrique si ce type de dispositif était mis en place. Cette proportion augmente à 63 % chez les Français qui disposent déjà d’une ligne de covoiturage à proximité de leur domicile.
Augmenter le remplissage des cars express est un levier majeur de réduction des coûts d’exploitation qui peut permettre de financer l’électrification du matériel roulant
→ L’augmentation du remplissage des cars express est un enjeu économique majeur car le coût de production est principalement composé du coût relatif à l’exploitation : entre 40% et 60% contre moins de 20% pour le coût lié au matériel roulant. Ainsi, sur une ligne de car express, les économies liées à une meilleure gestion des fréquences de passage équivalent, sur une année, au surcoût total de possession (TCO) d’un autocar électrique à batterie par rapport à un véhicule diesel (6).
La transition ne peut pas être pensée uniquement comme un remplacement thermique-électrique. Elle doit être conçue comme une transformation systémique associant changement de motorisation et allocation optimale des capacités. Les SER constituent précisément l’architecture qui rend cette équation économiquement soutenable et industriellement stratégique.
(1) : Données SDES 2024, traitement Ecov.
(2) : Pour les ménages moins aisés jusqu’à la classe moyenne ayant un usage intensif de leur véhicule, le carburant représente entre 8% et 10% du revenu disponible (INSEE, 2017).
(3) : Le rapport Pisani-Ferry -Mahfouz estime ce gisement de valeur à 8 mds€/an d’investissements publics et privés. Les objectifs fixés par le SGPE en matière de taux d’occupation vont dans le même sens : passer d’un taux d’occupation de 1,41 à 1,53 en 2030 induit une baisse du nombre de kilomètres parcourus par les véhicules de 19 milliards par an, ce qui permet de générer 6 milliards d’économies privées et publiques chaque année.
(4) : Les transports sont responsables de 32 % des émissions de GES en France. Parmi tous les différents modes, la voiture individuelle compte pour 60% des émissions du secteur, soit 16% des émissions nationales (INSEE, 2021).
(5) : Transports&Environment. Février 2026. [Disponible ici].
(6) : Institut Mobilités en Transition. Juillet 2025. [Disponible en ligne].

Actualités Louis‑Nicolas Amedee‑Manesme nommé Directeur Général ; deux membres indépendants rejoignent le Comité Stratégique Ecov annonce la nomination de Louis-Nicolas

Actualités Alors que le prix de l’essence repart à la hausse, un sondage IFOP révèle que les Français sont prêts

Paroles d’expert Réduire la dépendance à la voiture au-delà des centres-villes : une étude pour estimer le potentiel d’un réseau

Actualités Louis‑Nicolas Amedee‑Manesme nommé Directeur Général ; deux membres indépendants rejoignent le Comité Stratégique Ecov annonce la nomination de Louis-Nicolas

Actualités Alors que le prix de l’essence repart à la hausse, un sondage IFOP révèle que les Français sont prêts